Et si Kinshasa était déjà dépassé par Ebola !  : après son périple dans l’Est, Suminwa découvre le désastre 

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Face à l’embrasement du virus Ebola qui menace désormais de submerger le pays, les demi-mesures n’ont plus leur place. Alors que l’épidémie s’étend déjà sur cinq provinces et affiche le bilan terrifiant de plus de 1.300 morts, la récente tournée de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka dans l’Est met en lumière une réalité brutale : le temps presse et la riposte doit changer d’échelle. Après Mme la Première Ministre, les populations des provinces sinistrées attendent l’arrivée imminente du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Alors que l’épidémie à virus Ebola s’étend désormais à cinq provinces et que le bilan dépasse les 1.300 morts, la Première Ministre Judith Suminwa s’est rendue, la semaine dernière, sur le terrain pour constater l’ampleur du drame. De Kisangani à Bunia, en passant par Rwampara et Nyakunde, elle a vu des morgues débordées, des centres de traitement saturés et des populations livrées à l’angoisse. Une visite de mobilisation, certes, mais qui pose une question brûlante : Kinshasa a-t-elle pris la mesure de ce qui est en train de lui échapper ?

L’alerte n’est plus un cri, c’est un constat. La 17I” épidémie d’Ebola, qui sévit en République Démocratique du Congo, est en train de basculer dans l’inconnu. En à peine deux mois, le virus a franchi les lignes, touché cinq provinces – Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé et Tshopo – et fait basculer des villes entières dans l’urgence absolue.

Le chiffre est glaçant : au 25 juillet, 1.354 morts cumulés. Et derrière chaque statistique, des familles brisées, des soignants épuisés, des communautés qui se sentent abandonnées.

La Cheffe du Gouvernement a vu de ses propres yeux ce que les rapports ministériels peinent à traduire : la détresse. À Bunia, à Rwampara, à Nyakunde, elle a serré des mains, écouté des témoignages, distribué des intrants médicaux et promis des renforts.

Mais ce déplacement, aussi symbolique soit-il, ne peut masquer une réalité : la riposte est à la peine. Les centres de traitement affichent complet. Les équipes locales manquent de tout. Et le virus, lui, ne prend pas de vacances.

Ce qui est en jeu

Que s’est-il passé ? La réponse est cruelle. L’épidémie a été déclarée officiellement le 15 mai 2026. Nous sommes fin juillet, et le virus est déjà plus rapide que la machine administrative. La souche Bundibugyo, sans vaccin ni traitement approuvé, circule dans des zones où l’insécurité chronique et les déplacements massifs compliquent le suivi des contacts.

Alors que le pays avait réussi à maîtriser des épidémies précédentes grâce à des protocoles rodés, cette fois, le système semble à la limite de la rupture. Les témoignages de terrain parlent de « morgues qui débordent », de « malades soignés à domicile faute de lits », de « personnels soignants qui craquent ».

La Première Ministre a promis des moyens supplémentaires. Mais la promesse ne suffit plus. Il faut des actes – massifs, coordonnés, immédiats.

Chaque jour perdu est une fenêtre ouverte en plus pour le virus. Chaque zone de santé nouvellement touchée est un front supplémentaire. Et chaque décès à la maison est une défaite pour la République.

Kinshasa doit cesser de regarder l’Est comme une région lointaine. Ebola n’est plus une épidémie régionale : c’est une menace nationale. Si l’État ne mobilise pas dès maintenant tous ses moyens – humains, financiers, logistiques, sécuritaires – il risque de se retrouver, dans quelques semaines, avec un virus qui aura pris racine dans le cœur du pays.

La visite de Judith Suminwa dans l’Est est un signal. Mais un signal ne suffit pas. La RDC a déjà vaincu Ebola par le passé. Elle a les compétences, les experts, les laboratoires et le savoir-faire. Ce qui manque aujourd’hui, c’est la vitesse, la coordination et la volonté politique d’en faire une priorité absolue.

L’heure n’est plus aux discours rassurants. L’heure est à la mobilisation générale. Avant qu’il ne soit trop tard. Espérons que la récente visite de Mme la Première Ministre va susciter ce déclic.

Econews

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