Plus de 1.000 morts, une semaine noire et un record de 400 décès entre les 20 et 26 juillet 2026

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Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie à virus Ebola en République Démocratique du Congo vient de franchir un cap tragique. Selon le dernier rapport du Task force chargé de la riposte, le nombre de décès a dépassé les 1.000, avec une accélération brutale entre le 20 et le 26 juillet : plus de 400 morts en une seule semaine. Du jamais-vu en 50 ans d’histoire du virus sur le sol congolais.

La souche Bundibugyo, qui ne dispose à ce jour ni de vaccin ni de traitement homologué, touche désormais une cinquantaine de zones de santé réparties sur cinq provinces (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé et Tshopo). Le taux de létalité frôle les 50 %, un niveau alarmant qui témoigne de la violence inédite de cette 17e épidémie.

L’équation sécuritaire aggrave la crise

La situation la plus critique est signalée en Ituri, notamment à Bunia, Rwampara et Nyakunde, où les morgues sont submergées. À Goma et à Beni, dans le Nord-Kivu, les autorités sanitaires enregistrent chaque jour des dizaines de nouveaux décès. Les centres de traitement affichent un taux d’occupation de 98 %, poussant de nombreuses familles à garder leurs proches à domicile, faute de lits disponibles.

L’accès humanitaire reste un défi majeur. Depuis fin 2025, l’Ituri est en état de siège, avec près de 80.000 personnes déplacées. Cette instabilité rend quasi impossible le suivi rigoureux des contacts, une étape pourtant essentielle pour briser les chaînes de transmission.

Une riposte massive mais mise à rude épreuve

Malgré ce tableau sombre, les équipes sur le terrain redoublent d’efforts. Les capacités de diagnostic ont été considérablement renforcées, passant de 30 tests par jour en mai à plus de 2.000 tests quotidiens, répartis dans 10 laboratoires opérationnels.

Actuellement, 650 lits sont disponibles dans 22 centres de traitement, auxquels s’ajoutent 300 lits d’urgence. La riposte mobilise également 120 experts de l’OMS, 110 tonnes de matériel médical acheminé, ainsi que des centaines de médecins, infirmiers, volontaires et relais communautaires.

Si la RDC connaît le virus Ebola mieux que quiconque – découvert à Yambuku en 1976 – cette nouvelle flambée pourrait surpasser en gravité celle de 2018-2020, qui avait fait près de 2.300 morts. À ce rythme, les autorités sanitaires redoutent que cette épidémie ne devienne la plus meurtrière de l’histoire du pays.

Michel KAYAK (CP)

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