La coordination provinciale de la Société civile Forces vives du Nord-Kivu a réaffirmé son soutien à l’organisation d’un dialogue national en République démocratique du Congo, tout en estimant que toute initiative visant la tenue d’un référendum devrait être subordonnée au rétablissement effectif de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Réunis le 21 juillet à Mangina, dans le territoire de Beni, les représentants de la société civile ont rendu publique une déclaration à l’issue de leurs travaux, dans laquelle ils se prononcent sur les principaux enjeux politiques et sécuritaires qui préoccupent actuellement le pays.
Selon cette organisation citoyenne, le dialogue national constitue un cadre pertinent pour favoriser la recherche de solutions aux défis auxquels la RDC est confrontée, à condition qu’il soit organisé dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République.
En revanche, la coordination provinciale estime que la tenue d’un référendum ne peut être envisagée que lorsque l’État aura pleinement rétabli son autorité sur l’ensemble du territoire congolais, notamment dans les zones affectées par l’insécurité.
Un débat politique toujours vif
Cette prise de position intervient dans un contexte où les discussions autour d’un éventuel dialogue national continuent d’alimenter le débat politique congolais.
De son côté, le coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23), Corneille Nangaa, a récemment rejeté toute perspective de dialogue avec les autorités de Kinshasa. Dans une vidéo diffusée par son mouvement, il a estimé que la crise congolaise ne pouvait être résolue à travers de nouveaux compromis politiques.
Il a notamment qualifié le pouvoir en place de « manipulateur menteur qui ne respecte jamais ses engagements », écartant ainsi l’hypothèse de participer au cadre de dialogue que le gouvernement tente de mettre en place avec l’appui des confessions religieuses.
Des préoccupations sécuritaires et sanitaires
Au-delà des questions politiques, la Société civile Forces vives du Nord-Kivu a également attiré l’attention des autorités sur la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans la province.
Les participants ont exprimé leurs préoccupations face à la recrudescence des attaques attribuées aux groupes armés qui continuent de perturber la vie des populations, particulièrement dans les territoires de Beni, Lubero et Rutshuru.
Ils ont également évoqué les défis sanitaires liés à la poursuite de l’épidémie de la maladie à virus Ebola, appelant à un renforcement des dispositifs de riposte afin de protéger les communautés affectées.
À travers cette déclaration, la société civile du Nord-Kivu invite les autorités congolaises à faire du rétablissement de la sécurité, de l’autorité de l’État et de la cohésion nationale des priorités avant toute réforme institutionnelle majeure.
Avec Josué Mutanava, à Goma (Actualité.cd)

