Refusant de céder à l’escalade et de mordre à l’hameçon d’une confrontation directe avec l’opposition, l’UDPS/Tshisekedi se désolidarise officiellement de l’appel à manifester lancé pour le 22 juillet par André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée. En qualifiant cette initiative unilatérale de « piège » à éviter absolument, le secrétaire général du parti présidentiel, Augustin Kabuya, choisit la carte de la responsabilité et de la désescalade. Plutôt qu’une démonstration de force à haut risque, l’UDPS appelle ses militants au calme et invite les forces de l’ordre à sécuriser la marche de l’opposition ; un virage stratégique qui démontre que le parti au pouvoir a tiré les leçons des dérives du passé.
Alors qu’une marche des partisans du Président Félix Tshisekedi était annoncée pour le 22 juillet par André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation (USN), le parti présidentiel a coupé court à toute polémique. Dans un communiqué ferme, l’UDPS/Tshisekedi prend ses distances et appelle à la responsabilité, laissant son allié politique assumer seul ses délires.
Un appel qui divise, une position qui clarifie
« Qui trop embrasse mal étreint. » Cet adage populaire semble avoir trouvé une illustration parfaite dans l’attitude d’André Mbata. En lançant, sans concertation préalable, une marche de soutien du Chef de l’État pour le 22 juillet prochain, le secrétaire permanent de l’USN pensait sans doute mobiliser. Mais c’était sans compter sur la réaction du principal concerné : l’UDPS/Tshisekedi, parti fondateur de la majorité présidentielle.
Pourquoi cette date ? Le 22 juillet coïncide avec une manifestation prévue par la C64, principale coalition de l’opposition regroupant Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et Matata Ponyo. En cherchant à organiser une contre-manifestation, Mbata a voulu jouer le rapport de force. Mais son initiative n’a rencontré ni l’enthousiasme, ni même l’approbation de ses alliés naturels.
Mardi, l’UDPS/Tshisekedi a tranché sans ambiguïté. Dans un communiqué largement diffusé sur les réseaux sociaux, l’UDPS a officiellement pris ses distances avec cet appel jugé précipité et dangereux.
« La Présidence de l’UDPS/Tshisekedi, par la voix de son Secrétaire général et Président ad intérim, Augustin Kabuya Tshilumba, informe l’opinion publique que le 22 juillet 2026, aucune marche n’est organisée par le Parti », peut-on lire dans le texte.
Le message est on ne peut plus clair : les militantes et militants sont invités à rester chez eux, à vaquer à leurs occupations habituelles et, surtout, à éviter les itinéraires empruntés par la marche de l’opposition. Une consigne placée sous le signe de la responsabilité, de la discipline et de la préservation de l’ordre public.
Augustin Kabuya : « Nous ne tomberons pas dans ce piège »
Pour dissiper tout malentendu, Augustin Kabuya est intervenu mardi sur les ondes de la radio Top Congo FM. Le numéro un intérimaire de l’UDPS a été sans détour : « L’UDPS n’a prévu aucune marche le 22 juillet. » Et d’ajouter, avec une conviction qui ne laisse place à aucune interprétation : « Nous ne pouvons pas tomber dans un tel piège. »
Une déclaration qui porte en elle la mémoire des dérives du passé, notamment celles du 12 juin dernier, dont les leçons semblent avoir été retenues.
Plutôt qu’une escalade verbale ou une confrontation de rue, l’UDPS a choisi la voie de l’apaisement. Augustin Kabuya a même invité les autorités à garantir le bon déroulement de la marche de l’opposition, recommandant à la Police nationale congolaise de sécuriser le cortège pour assurer une couverture transparente de l’événement. Une position inattendue, qui force le respect et renforce l’image d’un parti d’ordre et de maturité politique.
Une leçon de stratégie politique
En prenant ainsi ses distances avec André Mbata, l’UDPS/Tshisekedi envoie plusieurs signaux forts. D’abord, elle rappelle qu’aucune initiative engageant l’image du Président de la République ne saurait être prise unilatéralement. Ensuite, elle affirme sa volonté de ne pas se laisser entraîner dans une surenchère qui risquerait de troubler l’ordre public et de nuire à la stabilité du pays.
Enfin, en choisissant la désescalade, l’UDPS se pose en garant de la paix sociale, préférant la responsabilité à la provocation. Une posture qui, dans un contexte politique souvent tendu, pourrait bien s’avérer être un coup de maître.
André Mbata, lui, se retrouve isolé, contraint de porter seul le poids d’une initiative que même ses alliés naturels ont jugée hasardeuse. L’adage est cruel, mais il est juste : « Qui trop embrasse mal étreint. »
La Rédaction Kiosque Monde avec Econews

