La République démocratique du Congo (RDC) franchit une nouvelle étape dans la réforme de son secteur minier artisanal avec l’inauguration de la première Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) pilote viable à Kasulo, dans la province du Lualaba. Cette initiative marque le passage à la phase opérationnelle d’un vaste programme de formalisation destiné à moderniser l’exploitation artisanale, améliorer la gouvernance des ressources minières et renforcer les retombées économiques du secteur.
Portée par le ministère
des Mines, cette réforme s’inscrit dans la stratégie du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo visant à faire de l’industrie minière un levier de croissance durable. Elle ambitionne notamment de mieux encadrer les activités des exploitants artisanaux, de renforcer la traçabilité des minerais et d’accroître les recettes publiques issues de l’exploitation des ressources naturelles.
Pendant de nombreuses années, l’exploitation minière artisanale en RDC a évolué dans un contexte marqué par une forte informalité. L’exploitation illicite des minerais, l’occupation désordonnée des concessions industrielles, les accidents récurrents ainsi que la faible mobilisation des recettes fiscales ont constitué autant de défis pour les pouvoirs publics.
Pour y répondre, le ministère des Mines a engagé un processus de restructuration du secteur reposant sur la création de Zones d’Exploitation Artisanale. À ce jour, 64 ZEA ont été délimitées, dont 33 dans la province du Lualaba et 31 dans le Haut-Katanga. Ces espaces sont destinés à offrir aux exploitants artisanaux un cadre légal, sécurisé et conforme aux dispositions du Code minier.
Après les études techniques, les campagnes de sensibilisation des coopératives minières et l’identification des sites, le Gouvernement a lancé les travaux de viabilisation des différentes zones avec l’appui d’un contractant spécialisé. Les coopératives y seront progressivement affectées au fur et à mesure de l’aménagement des sites.
Plus de 5 000 exploitants relocalisés à Kasulo
La première phase opérationnelle de cette réforme s’est concrétisée à Kasulo avec la relocalisation de plus de 5 000 exploitants miniers artisanaux auparavant installés de manière irrégulière sur le site T17, situé dans le périmètre de Kamoto Copper Company (KCC), vers la Zone d’Exploitation Artisanale 786.
Cette relocalisation vise à permettre aux creuseurs d’exercer leurs activités dans un environnement mieux organisé, plus sûr et conforme aux exigences réglementaires, tout en réduisant les conflits liés à l’occupation des concessions minières industrielles.
La cérémonie officielle de lancement a été présidée par le directeur général du Service d’Assistance et d’Encadrement des Mines Artisanales et à Petite Échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo, représentant le ministre des Mines. Elle s’est déroulée en présence de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, des autorités provinciales, des services techniques de l’État ainsi que des représentants des coopératives minières.
Au-delà de la formalisation des activités, le Gouvernement introduit un dispositif inédit de protection sociale en faveur des exploitants artisanaux. La réforme prévoit notamment une couverture d’assurance destinée aux creuseurs ainsi qu’à leurs ayants droit.
Cette mesure vise à améliorer les conditions de travail, renforcer la sécurité économique des familles et réduire la vulnérabilité sociale des milliers de Congolais qui tirent leurs revenus de l’exploitation artisanale des minerais.
Un modèle appelé à être étendu
Les autorités considèrent cette première ZEA pilote comme une étape déterminante dans la transformation de l’artisanat minier congolais. En structurant davantage la filière, le Gouvernement entend renforcer la gouvernance du secteur, sécuriser les investissements, améliorer la traçabilité des chaînes d’approvisionnement et optimiser la collecte des recettes fiscales.
L’expérience de Kasulo est appelée à servir de modèle pour le déploiement progressif des autres Zones d’Exploitation Artisanale prévues dans les principales provinces minières du pays. À terme, cette réforme devrait contribuer à bâtir un secteur minier artisanal plus formel, plus inclusif et davantage créateur de valeur pour l’économie nationale.
Avec CHRONIK’ECO

