RDC : la Banque centrale réduit son taux directeur pour stimuler le crédit et soutenir la croissance

⏱ Temps de lecture : 3 min

La Banque centrale du Congo (BCC) a décidé d’assouplir davantage sa politique monétaire. Réuni le 17 juillet 2026 sous la présidence du gouverneur André Wameso, le Comité de politique monétaire (CPM) a annoncé une baisse de son taux directeur de 13,5 % à 12,5 %, dans le but de faciliter l’accès au financement tout en préservant la stabilité des prix.

Cette réduction de 100 points de base constitue un signal fort adressé aux acteurs économiques. Elle s’accompagne d’un abaissement du taux de la facilité de prêt marginal, désormais fixé à 16,5 %, contre 17,5 % auparavant.

À travers cette décision, l’Institut d’émission entend encourager les banques à accorder davantage de crédits aux entreprises et aux ménages, afin de soutenir l’activité économique dans un contexte marqué par une croissance jugée solide.

Un nouvel instrument pour gérer la liquidité bancaire

Dans le même temps, la BCC a annoncé l’introduction d’un nouveau Bon BCC d’une maturité de 252 jours. Cet instrument vise à mieux réguler les excédents de liquidités dans le système bancaire et à renforcer l’efficacité des mécanismes de politique monétaire.

Les coefficients de réserve obligatoire demeurent quant à eux inchangés. Les banques commerciales continueront ainsi d’appliquer les taux actuels sur les dépôts en monnaie nationale et en devises, une décision destinée à préserver la stabilité du secteur financier.

Une économie congolaise en croissance

La décision de la Banque centrale intervient dans un contexte économique relativement favorable. Selon les projections présentées par le CPM, l’économie congolaise devrait enregistrer une croissance de 5,7 % en 2026, un niveau supérieur à la moyenne attendue en Afrique subsaharienne, estimée à 4,3 %.

Cette performance est soutenue notamment par le dynamisme du secteur minier, les investissements publics et les réformes économiques engagées par les autorités.

Inflation maîtrisée malgré quelques pressions

Sur le plan des prix, la BCC estime que l’inflation reste sous contrôle. Le taux annuel s’établit à 2,9 %, contre 2,2 % au trimestre précédent. L’inflation cumulée a toutefois progressé à 4,8 % à la fin du premier semestre, sous l’effet de la hausse des prix des carburants, de l’augmentation des coûts logistiques et des tensions sur certains produits importés.

Malgré ces pressions, la situation monétaire demeure globalement stable.

Le franc congolais se renforce

Autre indicateur encourageant : le franc congolais poursuit sa progression face aux principales devises. Selon la BCC, la monnaie nationale s’est appréciée de près de 2 % sur le marché interbancaire.

Par ailleurs, les réserves internationales atteignent désormais 8,18 milliards de dollars américains, représentant plus de trois mois de couverture des importations, un niveau considéré comme confortable pour faire face à d’éventuels chocs extérieurs.

Des risques toujours présents

La Banque centrale reste néanmoins prudente. Elle souligne plusieurs facteurs susceptibles de peser sur les équilibres macroéconomiques dans les prochains mois, notamment les dépenses publiques liées à la situation sécuritaire dans l’Est du pays, les besoins accrus des ménages à l’approche de la rentrée scolaire ainsi que les incertitudes persistantes sur les marchés internationaux.

En abaissant son taux directeur, la BCC cherche ainsi à trouver un équilibre entre soutien à la croissance et maintien de la stabilité économique. Pour les entreprises comme pour les investisseurs, cette décision pourrait se traduire par des conditions de financement plus favorables et un environnement propice à la relance de l’investissement.

Kiosque Monde

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *