Ebola : la barre de 1.000 morts franchie, Suminwa sur le front de la Tshopo et de l’Ituri pour réorganiser la riposte

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Alors que l’épidémie d’Ebola franchit le seuil des 1.000 décès en République Démocratique du Congo, la Première Ministre Judith Suminwa s’est rendue ce jeudi à Kisangani (Tshopo), puis à Bunia (Ituri), pour réorganiser d’urgence la riposte face à un virus qui a déjà atteint cinq provinces du pays.

Hugo Tamusa

Le cap des 1.000 morts a été franchi le 21 juillet 2026. Selon les données des autorités sanitaires, le nombre total de cas confirmés s’élève désormais à 2 536, pour 1.033 décès, soit un taux de létalité de 40,7 %. L’épidémie, déclarée officiellement à la mi-mai, continue de progresser à un rythme inédit, tandis que 738 patients sont actuellement hospitalisés ou en isolement.

Face à cette situation, qualifiée de « cauchemar » par les observateurs, la Cheffe du Gouvernement a entrepris un déplacement sur le terrain jeudi, en direction de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, avant de se rendre à Bunia, en Ituri, l’épicentre de la flambée. Son périple doit également la conduire à Mungwalu et Rwampara, dans l’Ituri, deux zones particulièrement touchées.

Cette itinérance de la Première ministre s’effectue en présence d’une forte délégation gouvernementale, ainsi que de représentants des États-Unis, du Système des Nations Unies et des principaux partenaires engagés dans la lutte contre le virus.

La province de l’Ituri concentre près de 90 % des cas confirmés et plus de 83 % des décès. La propagation du virus y est aggravée par des conditions sécuritaires précaires, marquées par des décennies de violences intercommu-nautaires et d’attaques de groupes armés. Selon Médecins sans frontières (MSF), les enterrements non sécurisés dans certaines localités rurales favorisent la transmission du virus, tandis que les déplacements de populations compliquent le suivi des cas contacts. L’insécurité chronique entrave également l’accès aux soins : des établissements de santé ont été contraints de suspendre leurs activités ou ont été détruits, privant des milliers de personnes de soins essentiels.

Un virus sans vaccin homologué, mais des espoirs thérapeutiques

Cette 17e épidémie d’Ebola en RDC est provoquée par la souche Bundibugyo, contre laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’est encore disponible. Des essais cliniques portant sur deux traitements expérimentaux ont toutefois débuté en juillet, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a autorisé l’utilisation d’urgence du premier test moléculaire de diagnostic pour cette souche. Un essai clinique du vaccin ChAdOx1, développé en collaboration avec l’université d’Oxford, est également en cours.

Alors que le virus a déjà franchi les frontières, avec 20 cas confirmés en Ouganda voisin, la mobilisation de la Première Ministre sur le terrain traduit l’urgence d’une riposte coordonnée pour endiguer une épidémie qui menace de s’étendre davantage dans la région. La communauté internationale est en alerte : les États-Unis ont imposé des restrictions d’entrée pour les voyageurs en provenance des pays affectés, alors que le Canada et la Grande Bretagne viennent de les lever – signe de solidarité avec la RDC qui se bat pour vaincre cette épidémie.

Situation du Virus Ebola au 21 juillet 2026 : la barre de 1.000 morts est franchie (Gouvernement)

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