Kinshasa : le deuxième contrôle technique des véhicules annoncé pour le 10 août suscite des critiques

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Le Gouvernement provincial de Kinshasa prévoit de lancer, à partir du 10 août prochain, une nouvelle opération de contrôle technique des véhicules et motocyclettes. Présentée comme une mesure destinée à renforcer la sécurité routière et à améliorer la mobilité urbaine, cette initiative fait déjà l’objet de nombreuses critiques de la part d’usagers qui estiment que d’autres priorités méritent davantage d’attention dans la capitale.

Une nouvelle campagne de contrôle

Le gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki, a annoncé le déploiement d’une deuxième phase de contrôle technique obligatoire sur l’ensemble de la capitale.

Selon les autorités provinciales, cette opération vise à s’assurer que les véhicules et motos circulant à Kinshasa répondent aux normes techniques en vigueur, dans le but de réduire les accidents et de renforcer la sécurité des usagers de la route.

Les contrôles concerneront notamment les véhicules particuliers, les transports en commun ainsi que les motos-taxis, communément appelées « Wewa ».

Des critiques sur les priorités de la ville

L’annonce intervient dans un contexte où Kinshasa continue de faire face à d’importants défis liés à l’insalubrité.

Depuis plusieurs semaines, des opérations d’assainissement sont menées dans différents quartiers de la capitale sous l’impulsion de la Task Force mise en place par les autorités nationales afin d’évacuer les déchets et réhabiliter certains espaces publics.

Pour plusieurs observateurs, la priorité devrait être accordée à ces travaux de nettoyage ainsi qu’à l’amélioration des infrastructures routières avant le lancement d’une nouvelle campagne de contrôle technique.

Les conducteurs redoutent de nouvelles charges

Chez les automobilistes et les conducteurs de motos-taxis, cette décision est accueillie avec inquiétude.

Beaucoup rappellent avoir déjà supporté les coûts liés au précédent contrôle technique, auxquels se sont ajoutées diverses dépenses pour la mise en conformité de leurs véhicules.

Ils craignent que cette nouvelle campagne entraîne des frais supplémentaires dans un contexte économique déjà difficile, marqué par la hausse du coût de la vie et la multiplication des taxes et redevances.

La question de l’état des routes

Les critiques portent également sur l’état des infrastructures routières.

Plusieurs conducteurs estiment qu’il est difficile d’exiger des véhicules parfaitement entretenus alors que de nombreuses routes demeurent dégradées, avec des nids-de-poule, une signalisation insuffisante et des problèmes récurrents de drainage.

Pour eux, l’amélioration de la voirie devrait accompagner toute politique de renforcement des contrôles techniques.

Entre sécurité routière et attentes des Kinois

Les autorités provinciales défendent leur démarche en mettant en avant la nécessité de garantir la sécurité des usagers et de mieux encadrer la circulation dans une métropole de plus de quinze millions d’habitants.

Toutefois, l’initiative intervient alors que les attentes des habitants portent également sur l’assainissement, la fluidité du trafic, la réhabilitation des routes et l’amélioration des services urbains.

Le débat qui s’ouvre autour de cette nouvelle campagne de contrôle technique reflète ainsi les interrogations d’une partie de la population sur l’ordre des priorités dans la gestion de la capitale congolaise.

À quelques semaines du lancement annoncé de l’opération, les autorités provinciales seront attendues sur leur capacité à concilier les impératifs de sécurité routière avec les nombreuses autres urgences auxquelles Kinshasa reste confrontée.

KM

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