Après sa mission économique de six jours dans le Sankuru, le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a présenté aux élus et aux notables de cette province du Grand Kasaï une série de mesures prioritaires visant à reconnecter le territoire aux grands circuits économiques. Parmi les actions annoncées figurent notamment la réhabilitation des voies fluviales ainsi que l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’électricité.
Le Sankuru veut tourner la page de l’enclavement. De retour d’une mission économique effectuée pendant six jours dans cette province du centre de la République démocratique du Congo, le Vice-Premier Ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a présenté les principaux constats et pistes d’action devant les représentants politiques et sociaux originaires de cette entité.
La rencontre, tenue jeudi 30 juillet 2026 au Cercle de Kinshasa, a réuni députés nationaux, élus locaux et notables du Sankuru autour d’un même objectif : identifier les leviers capables de libérer le potentiel économique d’une province longtemps confrontée aux difficultés d’accès, au déficit d’infrastructures et à la faiblesse des échanges commerciaux.
Les voies fluviales au cœur de la stratégie de désenclavement
Au terme de ses observations sur le terrain, Daniel Mukoko Samba a placé la question des infrastructures de transport parmi les priorités immédiates. Le Gouvernement prévoit notamment le dragage et le balisage des rivières Sankuru, Lokenye et Lubi, des axes fluviaux considérés comme essentiels pour la mobilité des personnes et l’évacuation des produits agricoles.
Dans une province où les routes demeurent insuffisantes et où plusieurs localités restent difficiles d’accès, ces voies navigables représentent un véritable poumon économique. Leur remise en état devrait permettre de faciliter l’approvisionnement des marchés, de réduire les coûts de transport et d’offrir de nouvelles opportunités aux producteurs locaux.
L’enjeu est particulièrement important pour Lusambo, chef-lieu du Sankuru, dont une partie de l’activité économique dépend de ces corridors fluviaux.
Achever les projets inachevés et répondre aux besoins sociaux
La mission économique a également permis de constater l’état de plusieurs infrastructures publiques laissées en attente d’achèvement. Écoles, centres de santé, ouvrages routiers et autres équipements collectifs figurent parmi les projets nécessitant une nouvelle impulsion.
Face à cette situation, le Gouvernement envisage la mise en œuvre d’un programme d’urgence consacré notamment à l’accès à l’eau potable et à l’électricité. L’objectif affiché est double : achever les projets existants et améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Pour Daniel Mukoko Samba, le développement économique national passe nécessairement par une meilleure valorisation des potentialités locales.
« L’objectif est d’enclencher quelque chose de nouveau », a déclaré le Vice-Premier Ministre devant ses interlocuteurs, insistant sur la nécessité de créer une dynamique capable de transformer les ressources disponibles en véritables opportunités économiques.
Le Sankuru veut devenir acteur de son propre développement
Au-delà des annonces, cette rencontre a également illustré une volonté de renforcer le dialogue entre le Gouvernement central et les forces vives provinciales. Les élus et notables du Sankuru ont exprimé leur soutien aux initiatives annoncées et leur disponibilité à accompagner leur mise en œuvre.
L’honorable Léonard She Okitundu Lundula ainsi que le notable Charles Okoto Lolakombe ont salué la démarche du Vice-Premier Ministre, estimant que cette approche constitue une étape importante pour sortir la province de son isolement économique.
Cette collaboration ne date toutefois pas du déplacement de terrain. Le lundi 8 juin 2026, soit quelques jours avant le début de la mission, Daniel Mukoko Samba avait déjà réuni les représentants du Sankuru pour une séance préparatoire destinée à recueillir leurs préoccupations et définir les priorités.
Un nouveau pari sur les potentialités locales
Avec cette mission, le Gouvernement entend replacer les provinces au centre de la stratégie économique nationale. Le cas du Sankuru illustre un défi plus large en RDC : transformer les immenses ressources territoriales en croissance réelle grâce aux infrastructures, à la connectivité et à l’investissement public.
Reste désormais la question de la concrétisation des engagements annoncés. Pour les populations du Sankuru, longtemps confrontées aux difficultés de transport et au manque d’équipements essentiels, l’attente porte moins sur les annonces que sur la réalisation effective des projets promis.
Le désenclavement de la province apparaît ainsi comme un test grandeur nature de la capacité de l’État à rapprocher les politiques nationales des réalités locales.
Par la Rédaction

