RDC : l’OMS alerte sur la progression rapide d’Ebola, Tshisekedi renforce la riposte nationale

Alors que l’épidémie d’Ebola continue de se propager dans l’est de la République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme sur l’évolution de la situation sanitaire. En réaction, le Président Félix Tshisekedi a décidé de renforcer le dispositif national de lutte contre la maladie afin de contenir sa propagation et d’améliorer la coordination des interventions sur le terrain.

De retour d’une mission dans les zones affectées, notamment à Bunia, en Ituri, le responsable des situations d’urgence de l’OMS, le Dr Chikwe Ihekweazu, a dressé un constat contrasté. S’il reconnaît des avancées dans la prise en charge des malades et les efforts de contrôle de l’épidémie, il estime toutefois que la maladie continue de progresser à un rythme préoccupant.

Une épidémie qui échappe encore au contrôle

Selon les données présentées par l’OMS, l’épidémie a enregistré près de 2 000 cas confirmés et plus de 700 décès au 11 juillet. Elle figure désormais parmi les plus importantes flambées d’Ebola jamais recensées et connaît l’une des progressions les plus rapides de l’histoire de la maladie.

L’organisation internationale s’inquiète particulièrement du nombre croissant de décès survenant en dehors des structures sanitaires. De nombreuses victimes succombent à la maladie à domicile sans avoir bénéficié d’une prise en charge médicale, compliquant davantage les efforts de surveillance et de contrôle.

Autre sujet de préoccupation : une grande partie des nouvelles contaminations ne provient pas de contacts déjà identifiés par les équipes sanitaires. Cette situation laisse craindre l’existence de chaînes de transmission encore inconnues, rendant la lutte contre l’épidémie plus complexe.

Le gouvernement réorganise la riposte

Face à la persistance de l’épidémie en Ituri et à la menace de son extension vers d’autres provinces, le Président Félix Tshisekedi a présidé une nouvelle réunion de la Task Force nationale de riposte contre Ebola à la Cité de l’Union africaine.

À l’issue de cette rencontre, le Chef de l’État a procédé à la nomination du Dr Steve Ahuka comme manager terrain de la riposte nationale. Cette décision vise à renforcer la coordination opérationnelle des interventions dans les zones touchées et à accélérer les actions de lutte contre la maladie.

Le ministre de la Santé, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, le Dr Roger Kamba, a pour sa part souligné les progrès réalisés grâce aux campagnes de sensibilisation communautaire. Selon lui, les efforts menés auprès des populations commencent à produire des résultats encourageants en matière de prévention et de détection précoce des cas.

Un soutien international renforcé

La lutte contre Ebola bénéficie également du soutien de plusieurs partenaires internationaux. Présent à la réunion de la Task Force, le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis en RDC, Lan J. McCary, a réaffirmé l’engagement de Washington aux côtés des autorités congolaises.

Les États-Unis demeurent l’un des principaux partenaires financiers de la riposte et ont déjà mobilisé plus de 600 millions de dollars pour soutenir les efforts de lutte contre la maladie dans le pays.

Une souche particulièrement préoccupante

Cette nouvelle flambée est provoquée par le virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola pour laquelle aucun vaccin homologué n’est actuellement disponible. Cette particularité complique davantage les stratégies de prévention et de contrôle mises en œuvre par les autorités sanitaires.

Très contagieuse, la maladie se transmet à l’homme par contact avec des animaux infectés, mais aussi entre personnes à travers les fluides corporels tels que le sang, les vomissures ou d’autres sécrétions. Les objets contaminés, notamment les vêtements ou la literie, peuvent également constituer des vecteurs de transmission.

Alors que les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux redoublent d’efforts pour freiner la propagation du virus, les prochains mois seront déterminants pour éviter que cette épidémie ne prenne une ampleur encore plus importante dans le pays.

Avec Euronews

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *