L’enquête judiciaire ouverte à la suite des incidents survenus lors du sit-in de l’opposition du 12 juin dernier entre dans une nouvelle phase. Après l’audition de Joseph Olenghankoy, le Parquet général près la Cour de cassation prévoit d’entendre plusieurs personnalités politiques et acteurs de la société civile ayant publiquement dénoncé des pertes en vies humaines et des violences lors de cette journée marquée par de fortes tensions dans la capitale.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre des instructions données par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa, qui souhaite voir la justice établir avec précision les circonstances des événements, le bilan humain et matériel, ainsi que les éventuelles responsabilités.
Une enquête pour établir les faits
Le 12 juin 2026, une manifestation organisée par l’opposition à Kinshasa avait dégénéré, donnant lieu à des affrontements, des arrestations et des dégâts matériels. Depuis lors, plusieurs versions des faits circulent, alimentant un débat politique particulièrement animé.
Des responsables de l’opposition et des représentants de la société civile ont évoqué des morts, des blessés et des disparitions, tandis que les autorités ont contesté certains bilans avancés. Face à ces divergences, le gouvernement a choisi la voie judiciaire afin de faire la lumière sur les événements.
Selon des sources proches du dossier, les auditions devraient concerner plusieurs personnalités ayant pris publiquement position sur ces incidents. L’objectif est de recueillir les éléments d’information et les éventuelles preuves en possession des différents acteurs afin de permettre aux magistrats d’établir les faits avec rigueur.
La justice au cœur du processus
Pour les autorités judiciaires, il s’agit avant tout de garantir que les conclusions de l’enquête reposent sur des éléments vérifiables plutôt que sur des affirmations contradictoires.
Le ministère de la Justice affirme vouloir privilégier une approche fondée sur le droit et les procédures légales afin de déterminer les responsabilités éventuelles. Les auditions engagées par le Parquet général devraient ainsi permettre de confronter les différentes versions et de reconstituer le déroulement exact des événements.
Une attente forte de l’opinion
Cette initiative intervient dans un contexte où une partie de l’opinion publique réclame davantage de clarté sur les incidents du 12 juin. Les familles concernées, les organisations de défense des droits humains ainsi que les acteurs politiques attendent des réponses précises sur les circonstances des violences signalées.
Les prochains jours pourraient donc être déterminants pour l’évolution du dossier. Entre exigence de vérité, impératif de justice et enjeux politiques, l’enquête engagée par la Cour de cassation est appelée à jouer un rôle central dans l’établissement des responsabilités et dans la recherche d’une lecture consensuelle des événements qui ont secoué Kinshasa.
Alors que les auditions se poursuivent, tous les regards restent tournés vers la justice, dont les conclusions sont attendues pour éclairer définitivement l’un des épisodes les plus controversés de la vie politique congolaise de ces derniers mois.
La Rédaction Kiosque Monde

