Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, doit intervenir ce mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations Unies pour porter la voix de la RDC sur la crise sécuritaire qui secoue l’Est du pays depuis près de trois décennies. Profitant de la présidence congolaise de cette instance onusienne, le chef de l’État entend dénoncer les violences, les pillages des ressources naturelles et les atteintes à la souveraineté nationale que Kinshasa attribue au Rwanda et à ses alliés de l’AFC/M23. Cette prise de parole, très attendue sur le plan diplomatique, vise notamment à obtenir un retrait des forces rwandaises du territoire congolais et à mobiliser davantage la communauté internationale en faveur de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a rendez-vous ce mercredi avec l’histoire. À la faveur de la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations Unies assurée par la République Démocratique du Congo, le Chef de l’État présidera un débat public de haut niveau consacré à la gouvernance mondiale des ressources naturelles. Une tribune exceptionnelle qu’il entend mettre à profit pour dénoncer, devant la communauté internationale, les violences, les pillages et les atteintes à la souveraineté congolaise que Kinshasa impute au Rwanda depuis près de trois décennies.
Au-delà du thème officiel de la réunion, cette intervention est attendue comme un moment diplomatique majeur dans la stratégie internationale de la RDC. Face aux quinze membres du Conseil de sécurité et aux représentants des États membres des Nations Unies, Félix Tshisekedi devrait revenir sur les multiples crises qui secouent l’Est du pays, tout en établissant le lien entre l’exploitation illégale des ressources naturelles et l’insécurité persistante entretenue, selon Kinshasa, par Kigali et ses alliés de l’AFC/M23.
Une tribune mondiale pour porter la voix du Congo
Pour Kinshasa, cette réunion constitue une occasion unique de replacer la crise de l’Est au cœur des préoccupations de la communauté internationale. Depuis plusieurs années, Kinshasa multiplie les initiatives diplomatiques afin d’obtenir une condamnation plus ferme de ce qu’elle considère comme une agression extérieure contre son territoire.
En prenant personnellement la parole devant le Conseil de sécurité, Félix Tshisekedi entend exposer au monde les souffrances endurées par des millions de Congolais depuis près de trente ans : massacres de civils, déplacements massifs de populations, occupation de territoires, exploitation illicite des minerais stratégiques et violations répétées de la souveraineté nationale.
Pour la diplomatie congolaise, cette intervention doit permettre de rappeler que la paix dans la région des Grands Lacs reste indissociable de la fin des ingérences étrangères et du respect de l’intégrité territoriale de la RDC.
Les Accords de Washington au cœur du plaidoyer
Le Chef de l’État devrait également s’appuyer sur les Accords de Washington ainsi que sur les différentes résolutions des Nations Unies pour exiger le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Kinshasa compte également renforcer son argumentaire en mettant en avant les récents rapports du Groupe d’experts des Nations Unies, qui documentent les réseaux de soutien aux groupes armés opérant dans l’Est de la RDC, ainsi que les conclusions d’organisations internationales de défense des droits humains ayant dénoncé les graves violations commises contre les populations civiles.
L’objectif est de convaincre les membres du Conseil de sécurité que la stabilité de la région passe par l’application stricte des engagements internationaux et par des mesures concrètes contre les responsables des violences.
Un rendez-vous diplomatique décisif
Cette prise de parole intervient dans un contexte où la RDC poursuit une intense offensive diplomatique afin de consolider les avancées obtenues sur la scène internationale et de maintenir la pression sur les acteurs impliqués dans le conflit.
Pour Kinshasa, le Conseil de sécurité offre une caisse de résonance sans équivalent pour rappeler que la crise de l’Est ne constitue pas un simple conflit interne, mais une question de sécurité régionale et internationale dont les conséquences dépassent largement les frontières congolaises.
En s’adressant directement au Conseil de sécurité, Félix Tshisekedi entend transformer cette séance en un véritable plaidoyer en faveur de la justice, de la souveraineté de la RDC et de la protection des populations civiles. À New York, le Président de la République ambitionne ainsi de porter, devant le monde entier, la voix d’un peuple qui réclame depuis des décennies la fin des violences et le rétablissement d’une paix durable dans l’Est du pays.
KM

