Le coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), Corneille Nangaa, a rejeté toute perspective de participation au dialogue national inclusif annoncé par les autorités congolaises. Dans une déclaration diffusée par ses équipes, il a estimé que la crise que traverse la République démocratique du Congo ne pouvait être résolue par de nouveaux compromis politiques, tout en réaffirmant sa vision d’une transformation profonde des institutions de l’État.
Alors que les confessions religieuses et le gouvernement multiplient les consultations en vue de l’organisation d’un dialogue national inclusif, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a exprimé son opposition à cette initiative.
Dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, Corneille Nangaa a vivement critiqué le régime de Kinshasa, qu’il accuse de ne pas respecter ses engagements.
« Nous avons affaire à un pouvoir manipulateur et menteur qui ne respecte jamais ses engagements », a-t-il déclaré, écartant ainsi toute possibilité de prendre part au cadre de discussions envisagé par les autorités.
Une remise en cause du dialogue politique
Pour le leader de l’AFC, les difficultés auxquelles est confrontée la RDC ne peuvent être résolues à travers ce qu’il qualifie de « compromis hypocrites ». Il estime que les solutions doivent plutôt passer par une réforme en profondeur de l’appareil étatique.
Corneille Nangaa a ainsi défendu une approche fondée sur quatre priorités majeures : la mise en place d’une armée capable de dissuader toute menace, le renforcement d’une police chargée de protéger efficacement les citoyens, l’instauration d’une justice indépendante et la construction d’une administration publique performante.
À travers cette position, l’ancien président de la CENI ne se contente pas de refuser le dialogue proposé par Kinshasa. Il remet également en question l’idée selon laquelle un accord politique pourrait, à lui seul, apporter une réponse durable à la crise congolaise.
Un défi pour l’inclusivité du processus
Cette prise de position intervient au moment où le débat sur les contours du futur dialogue national reste ouvert. L’un des principaux enjeux concerne précisément la participation de toutes les parties prenantes à la recherche d’une solution politique.
Le refus affiché par Corneille Nangaa met en lumière l’un des défis majeurs du processus annoncé : comment garantir son caractère inclusif si certains acteurs influents rejettent d’emblée la légitimité du pouvoir de Kinshasa comme interlocuteur ?
Toutefois, cette déclaration ne remet pas en cause les discussions menées sous la médiation du Qatar à Doha, qui demeurent l’un des principaux canaux de négociation entre les différentes parties impliquées dans la crise sécuritaire de l’est du pays.
Alors que les préparatifs du dialogue national se poursuivent, la position de Corneille Nangaa pourrait alimenter davantage le débat sur la représentativité et l’efficacité d’un processus appelé à rassembler les différentes sensibilités politiques et sociales de la RDC.
KM

