La Chine entend renforcer son influence dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle (IA). À l’ouverture de la Conférence mondiale sur l’IA 2026 à Shanghai, le président chinois Xi Jinping a plaidé pour un système international « juste et équitable » de régulation de cette technologie stratégique. Il a également annoncé la création de l’Organisation mondiale de la coopération en matière d’IA ainsi qu’un ambitieux programme de soutien aux pays en développement.
Face à l’essor rapide de l’intelligence artificielle et aux enjeux qu’elle soulève à l’échelle mondiale, Pékin se positionne comme un acteur majeur du débat sur les règles qui encadreront son développement et son utilisation dans les années à venir.
Un appel au multilatéralisme dans la gouvernance de l’IA
S’exprimant devant les participants à la Conférence mondiale sur l’IA 2026 et à la Réunion de haut niveau sur la gouvernance mondiale de l’IA, Xi Jinping a insisté sur la nécessité de bâtir un cadre international fondé sur la coopération et le consensus.
Selon le dirigeant chinois, la gouvernance de l’intelligence artificielle ne peut être monopolisée par un nombre limité de puissances technologiques. Il a ainsi appelé à promouvoir « le véritable multilatéralisme » et à renforcer le rôle des Nations Unies dans l’élaboration des futures règles internationales.
« Nous devons porter le véritable multilatéralisme, faire valoir effectivement le rôle important des Nations Unies et établir rapidement un cadre de gouvernance mondiale de l’IA basé sur un large consensus », a déclaré Xi Jinping.
Le président chinois a souligné que l’intelligence artificielle constitue un moteur important de croissance économique et d’innovation, tout en reconnaissant les défis qu’elle pose en matière de sécurité, d’éthique et d’inégalités d’accès aux technologies.
Une nouvelle organisation mondiale basée à Shanghai
Point fort de son intervention, Xi Jinping a annoncé la création de l’Organisation mondiale de la coopération en matière d’IA, dont le siège sera établi à Shanghai.
Cette nouvelle structure aura pour objectif de promouvoir la coopération internationale dans le domaine de l’intelligence artificielle et de favoriser une gouvernance plus inclusive, notamment au profit des pays du Sud.
Pour Pékin, cette initiative répond à une demande croissante des économies émergentes qui souhaitent participer davantage à l’élaboration des normes mondiales relatives à l’IA.
« Le développement de l’IA ne doit pas être le solo d’un seul pays, mais la symphonie de la coopération internationale », a affirmé le chef de l’État chinois.
L’annonce intervient dans un contexte de rivalité technologique accrue entre les grandes puissances, notamment entre la Chine et les États-Unis, autour du contrôle des technologies avancées liées à l’intelligence artificielle.
Un programme de renforcement des capacités pour les pays du Sud
Au-delà de la gouvernance, Xi Jinping a également dévoilé un programme quinquennal destiné à accompagner les pays en développement dans leur appropriation des technologies d’intelligence artificielle.
Ce plan prévoit notamment l’organisation de 5 000 places de formation et de séminaires spécialisés dans le domaine de l’IA.
La Chine entend également mettre en place des centres de coopération avec plusieurs organisations régionales et internationales, parmi lesquelles l’Union africaine, l’ASEAN, les BRICS, la Ligue des États arabes, la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC) ainsi que l’Organisation de coopération de Shanghai.
Par ailleurs, Pékin prévoit le déploiement du système d’alerte météorologique MAZU, basé sur l’intelligence artificielle, dans une trentaine de pays afin d’améliorer les capacités de prévision et de gestion des catastrophes naturelles.
L’IA comme outil de développement partagé
À travers ces annonces, la Chine cherche à promouvoir une vision de l’intelligence artificielle axée sur le développement partagé et la réduction des écarts technologiques entre les nations.
Xi Jinping a appelé la communauté internationale à faire de l’IA un instrument au service du progrès économique, de la sécurité collective et du bien-être des populations.
Pour Pékin, l’enjeu consiste à garantir que les bénéfices de cette révolution technologique profitent à l’ensemble des pays et ne soient pas concentrés entre les mains de quelques acteurs dominants.
Alors que les débats sur la régulation mondiale de l’intelligence artificielle s’intensifient, la Chine affiche ainsi sa volonté de jouer un rôle central dans la définition des règles qui façonneront l’avenir de cette technologie stratégique.
KM

