ONU : l’heure de vérité

Le 22 juillet 2026 pourrait marquer un tournant dans la longue bataille diplomatique que mène la République démocratique du Congo pour faire entendre sa voix sur la scène internationale. En prenant la parole devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, Félix Tshisekedi ne s’adressera pas seulement aux quinze membres de l’organe chargé du maintien de la paix mondiale; il parlera au nom de millions de Congolais victimes de près de trois décennies de conflits, de déplacements forcés et de pillages des ressources nationales.

Cette intervention revêt une portée particulière. Pour la première fois depuis longtemps, Kinshasa bénéficie de la présidence tournante du Conseil de sécurité, une opportunité rare de replacer la question de l’Est congolais au centre de l’agenda mondial. Le président congolais entend mettre le Rwanda face aux accusations récurrentes de soutien aux groupes armés opérant sur le territoire congolais, notamment l’AFC/M23, accusations régulièrement étayées par plusieurs rapports internationaux.

Mais au-delà du réquisitoire attendu contre Kigali, le véritable enjeu est ailleurs : la crédibilité même de la communauté internationale. Depuis des années, les rapports s’accumulent, les condamnations se multiplient et les résolutions se succèdent, tandis que les populations civiles continuent de payer le prix de l’inaction. La question qui se pose aujourd’hui est simple : le monde est-il prêt à transformer les constats en actes ?

Pour Félix Tshisekedi, cette tribune doit servir à rappeler qu’il ne peut y avoir de paix durable dans les Grands Lacs sans respect de la souveraineté de la RDC. Reste à savoir si cet appel trouvera un écho concret auprès des grandes puissances. Car l’histoire retiendra moins les discours prononcés à New York que les décisions qui en découleront.

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