L’épidémie d’Ebola qui sévit dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo continue de progresser. Selon les dernières données épidémiologiques publiées par le ministère de la Santé publique, le pays a enregistré 2 011 cas cumulés confirmés, faisant de cette flambée l’une des plus importantes de son histoire récente.
Le rapport fait également état de 754 décès cumulés, de 753 patients actuellement en isolement ou hospitalisés, ainsi que d’un taux de létalité global de 37,5 %. Au total, 366 personnes ont été déclarées guéries, tandis que le suivi des contacts atteint 67,4 % dans les zones concernées par l’épidémie.
Une situation préoccupante dans plusieurs provinces
Les statistiques publiées concernent principalement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Toutefois, les autorités sanitaires signalent également des cas dans d’autres régions du pays.
Selon l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), la province du Haut-Uele a enregistré, entre le 22 juin et le 13 juillet, 14 cas confirmés, dont 13 décès. Un seul patient est actuellement signalé vivant. Les cas recensés sont répartis entre les zones de santé de Wamba, Pawa, Boma Mangbetu et Isiro.
L’INRB rapporte également la présence de deux cas suspects en hospitalisation, 127 contacts identifiés et plusieurs échantillons en attente d’analyse.
L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie
La province de l’Ituri demeure la plus touchée. Sur les 36 zones de santé que compte la province, 25 sont actuellement affectées par la maladie.
Parmi les zones concernées figurent notamment Bunia, Aru, Komanda, Mambasa, Mongbwalu, Nyakunde, Tchomia, Fataki, Niania et Rwampara.
Cette forte concentration de cas continue de mobiliser les équipes sanitaires nationales et internationales déployées sur le terrain pour renforcer la surveillance épidémiologique, la prise en charge des malades et les campagnes de sensibilisation.
Le Nord-Kivu toujours sous pression
Au Nord-Kivu, l’épidémie touche actuellement 11 zones de santé, notamment Beni, Butembo, Goma, Katwa, Kalunguta, Oicha, Kyondo, Mabalako, Musienene, Masereka et Bihovi.
Les autorités sanitaires signalent toutefois plusieurs guérisons récentes dans cette province, considérée depuis plusieurs années comme l’un des principaux foyers de la maladie.
Dans le Sud-Kivu, une seule zone de santé est actuellement affectée : Miti-Murhesa.
Une riposte renforcée sur le terrain
Face à l’évolution de l’épidémie, le gouvernement congolais renforce progressivement son dispositif de réponse. Le ministre de la Santé publique ainsi que plusieurs responsables sanitaires se sont récemment rendus à Bunia et Kisangani afin d’évaluer les besoins et de coordonner les interventions.
Parallèlement, une mission conjointe regroupant les équipes nationales et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a été déployée à Beni pour analyser l’efficacité des actions menées et adapter la stratégie de riposte aux réalités du terrain.
Les autorités sanitaires mettent également en avant des avancées dans la détection précoce et la prise en charge des patients. Deux cas récemment signalés à Kisangani ont notamment fait l’objet d’investigations rapides afin d’éviter toute propagation supplémentaire.
La vigilance reste de mise
Malgré les progrès enregistrés dans certains foyers, les autorités continuent d’appeler les populations au respect strict des mesures de prévention. La surveillance des contacts, l’isolement rapide des cas suspects et la sensibilisation communautaire demeurent les principaux leviers pour freiner la propagation du virus.
Alors que l’épidémie dépasse désormais le seuil symbolique des 2 000 cas confirmés, la RDC reste confrontée à un défi sanitaire majeur qui nécessite une mobilisation permanente des autorités, des partenaires internationaux et des communautés locales.
TGM

