Washington ne doit pas s’arrêter aux sanctions. C’est, en substance, le message que HumanRights Watchadresse à l’administration américaine après sa décision de frapper directement le ministère rwandais de la Défense et la ZigamaCredit and Savings Society.
Pour l’organisation de défense des droits humains, ces mesures constituent une avancée, mais restent insuffisantes face à la gravité de la situation sécuritaire dans l’Est congolais. « Les sanctions […] devraient être accompagnées de mesures concrètes pour mettre fin aux abus », insiste HRW, qui réclame une pression accrue sur Kigali.
Le choix de Washington de sanctionner le ministère rwandais de la Défense marque une nouvelle étape. Après avoir visé, en mars dernier, les Forces de défense rwandaises et certains de leurs hauts responsables, les États-Unis s’attaquent désormais à l’institution qui supervise les opérations militaires du Rwanda.
La Zigama est, quant à elle, accusée par le Trésor américain d’avoir facilité des transactions financières au profit de l’armée rwandaise et du M23, notamment le transfert d’or provenant des territoires congolais sous contrôle rebelle vers Kigali.
Des sanctions, mais surtout des résultats !
Pour HRW, l’urgence est de faire cesser les violences. Meurtres illégaux, violences sexuelles, recrutements forcés, tortures et déplacements de populations : le bilan des exactions attribuées au M23 impose, selon l’organisation, une réponse internationale qui dépasse les simples restrictions financières.
L’ONG demande ainsi aux États-Unis et aux autres partenaires internationaux d’exercer une pression soutenue sur le Rwanda pour mettre fin à son soutien au mouvement rebelle et garantir que les responsables des abus répondent de leurs actes.
Elle appelle également à ne pas exonérer les forces congolaises de leurs responsabilités, en exigeant de Kinshasa des enquêtes et des poursuites contre les auteurs de violations du droit international humanitaire.
Cette interpellation intervient alors que la crise congolaise connaît une nouvelle complexité avec la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), coalition politico-militaire annoncée par Joseph Kabila et incluant le M23.
Au-delà des sanctions, HRW pose ainsi une question fondamentale à Washington : quelle crédibilité pour les engagements de paix si ceux qui alimentent la guerre ne subissent pas de conséquences suffisamment dissuasives ?
Pour les populations meurtries de l’Est de la RDC, le temps des déclarations ne suffit plus. Elles attendent des actes, une pression internationale véritablement efficace et, surtout, la fin des violences. Washington est désormais appelé à faire de ses sanctions contre Kigali non pas une simple démonstration diplomatique, mais un véritable instrument de contrainte au service de la paix.
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