RGPH-2 : la RDC enclenche une étape décisive vers le dénombrement général prévu en juillet 2027

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Après plus de quatre décennies sans recensement général de la population, la République démocratique du Congo a franchi, lundi 28 septembre 2026 à Kinshasa, une nouvelle étape vers la réalisation de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), avec le lancement de la cartographie censitaire. Cette phase préparatoire doit permettre de délimiter les aires de dénombrement et de préparer la collecte exhaustive des données prévue en juillet 2027. Lors d’un briefing organisé avec la presse, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo Mbwizya, ont expliqué les enjeux de cette opération et appelé à une mobilisation nationale, présentée comme indispensable à la réussite d’un processus destiné à fournir au pays des données démographiques fiables pour mieux orienter ses politiques de développement.

La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la réalisation de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). La cartographie censitaire, phase préparatoire au dénombrement général, a été officiellement lancée à Kinshasa. Le dénombrement proprement dit est annoncé pour juillet 2027, soit plus de quatre décennies après le premier recensement général réalisé en 1984.

Lors d’un briefing avec la presse, les responsables du processus ont expliqué les différentes étapes de cette opération et insisté sur la nécessité d’une mobilisation de l’ensemble de la société congolaise.

Une opération scientifique pour actualiser les données démographiques

Le RGPH-2 vise à établir un dénombrement exhaustif des personnes vivant sur le territoire de la République démocratique du Congo. Selon les explications fournies lors du briefing, l’objectif est de disposer de données actualisées permettant notamment de mieux comprendre la répartition de la population et ses caractéristiques sociales et économiques.

Pour les responsables du processus, ces données doivent servir de base à la planification du développement. Elles pourront notamment contribuer aux décisions relatives aux infrastructures, à l’éducation, à la santé, aux transports, à l’aménagement du territoire et à d’autres secteurs nécessitant une connaissance précise de la population.

Le gouvernement veut ainsi réduire progressivement le recours aux estimations démographiques, alors que le pays fonctionne encore avec des données issues du recensement de 1984. Des sources récentes confirment que le RGPH-2 est présenté comme un instrument destiné à disposer de statistiques plus fiables et actualisées pour la planification publique.

La cartographie, première étape opérationnelle

La cartographie censitaire constitue actuellement le cœur de la phase préparatoire. Concrètement, les équipes déployées sur le terrain doivent identifier et localiser les bâtiments, les habitats et les ménages afin de déterminer les futures aires de dénombrement.

Cette étape doit permettre de disposer d’une photographie actualisée du territoire national et de mieux répartir le travail entre les futurs agents recenseurs.

Selon les explications données au cours du briefing, 130 735 aires de dénombrement provisoires ont été établies et doivent être confirmées ou ajustées à l’issue des travaux de terrain.

À Kinshasa, les équipes ont déjà été recrutées, formées et équipées. Les opérations doivent ensuite s’étendre progressivement aux autres provinces. Des informations publiées récemment indiquent que la capitale constitue la première étape du déploiement, avant une extension progressive du dispositif au reste du pays.

Un calendrier qui s’étend jusqu’à 2027

Le processus du RGPH-2 est organisé autour de plusieurs phases. La première concerne notamment la mise en place des structures chargées de conduire l’opération. La deuxième, actuellement en cours, est consacrée aux travaux préparatoires, principalement la cartographie.

La troisième phase sera celle du dénombrement exhaustif. Celui-ci est programmé pour juillet 2027 et devrait s’étendre sur environ deux semaines, selon les indications fournies lors du briefing.

Après la collecte, une quatrième phase sera consacrée au traitement et à l’analyse des données avant la publication des résultats.

Le caractère numérique du processus doit permettre une remontée rapide des informations vers le niveau central. Les responsables du recensement ont toutefois insisté sur la nécessité de laisser le temps nécessaire aux analyses avant la publication des résultats définitifs.

Recrutement et déploiement des agents

L’ampleur de l’opération constitue l’un des principaux défis du RGPH-2. Les autorités assurent toutefois que les dispositions nécessaires au recrutement et au déploiement des agents sont en cours de finalisation.

À Kinshasa, plus de 1 800 opérateurs cartographes ont notamment été formés en septembre 2026 pour participer aux travaux préparatoires.

Le dispositif prévoit également une forte implication des acteurs locaux. Les responsables du processus expliquent que le recours à des agents issus des communautés concernées doit faciliter leur travail sur le terrain, notamment grâce à leur connaissance des réalités locales et des langues ou coutumes.

Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) accompagne également le processus en tant que partenaire technique, avec un rôle annoncé dans l’appui et l’audit de certaines opérations.

Le défi des zones difficiles d’accès

L’une des principales interrogations concerne les territoires confrontés à des difficultés sécuritaires, notamment dans l’Est du pays.

Les responsables du RGPH-2 ont indiqué que des mécanismes spécifiques étaient envisagés afin de permettre la collecte des informations même lorsque l’accès physique à certaines zones s’avère difficile.

Le gouvernement a déjà évoqué le recours à des approches technologiques et à l’imagerie satellitaire pour certaines zones difficiles d’accès.

L’objectif affiché reste de couvrir l’ensemble du territoire national, tout en adaptant les méthodes aux réalités rencontrées sur le terrain.

Recensement, identification et enrôlement électoral : trois processus distincts

Une autre préoccupation soulevée par les journalistes concerne la distinction entre le recensement, l’identification de la population et l’enrôlement électoral.

Les responsables du RGPH-2 ont insisté sur le fait que le recensement n’a pas pour objectif de délivrer une carte d’identité ou un document attestant qu’une personne a été recensée.

Le processus vise plutôt à collecter des informations statistiques sur les personnes et les ménages afin de produire des données agrégées utiles à la planification.

Selon les explications fournies lors du briefing, les informations individuelles collectées doivent rester confidentielles et les résultats publiés doivent prendre la forme de données agrégées. Le RGPH-2 doit par ailleurs rester distinct des opérations conduites par l’Office national d’identification de la population (ONIP) et la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Les responsables ont néanmoins indiqué qu’il existe une possibilité de mutualiser certaines ressources, notamment les données cartographiques, tout en maintenant l’indépendance de chaque processus.

Une mobilisation nationale recherchée

Au-delà de la dimension technique, les autorités insistent sur la nécessité d’une mobilisation nationale. Gouverneurs, autorités locales, chefs coutumiers, responsables religieux, parlementaires, médias et autres acteurs communautaires sont appelés à contribuer à la sensibilisation de la population.

Le gouvernement considère cette mobilisation comme essentielle pour garantir l’accès des agents aux ménages et favoriser la participation de la population.

Le RGPH-2 intervient ainsi dans un contexte où la RDC cherche à actualiser ses données démographiques après plus de quarante ans. Le lancement de la cartographie censitaire à Kinshasa marque désormais l’entrée du processus dans une phase concrète de terrain.

Un enjeu majeur pour la planification

La réussite du RGPH-2 dépendra désormais de plusieurs facteurs : la qualité de la cartographie, la mobilisation des ressources, la formation et le déploiement des agents, l’accès aux zones difficiles, la protection des données et la participation effective des ménages.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse donc le simple décompte de la population. Il s’agit de disposer d’une base statistique actualisée permettant de mieux mesurer les besoins du pays et d’éclairer les décisions publiques.

Après 42 ans d’attente, la RDC est désormais engagée dans une nouvelle séquence de son processus de recensement. Le prochain rendez-vous majeur est fixé à juillet 2027, avec le lancement annoncé du dénombrement général de la population.

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