SNEL SA : le DG Teddy Lwamba désavoué, Fabrice Lusinde reclamé !

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Des agents et cadres dénoncent la gestion de la SNEL et réclament le départ du directeur général. La situation au sein de la Société nationale d’électricité (SNEL SA) continue de susciter des réactions parmi les agents et cadres de l’entreprise. Certains d’entre eux expriment leur mécontentement face aux difficultés persistantes de desserte électrique et mettent en cause la gestion actuelle de la société, dirigée par le directeur général, le professeur Dr Ir Teddy Lwamba Muba. Ils réclament notamment des changements à la tête de l’entreprise et appellent à des mesures susceptibles d’améliorer durablement la qualité du service.

Dans leurs critiques, certains agents vont jusqu’à qualifier d’« incompétence » la gestion actuelle de la SNEL. Cette appréciation demeure une accusation portée par ces agents et ne constitue pas, à elle seule, un fait établi.

Le Chef de l’État face à l’enjeu de l’électricité

La polémique intervient alors que l’accès à l’électricité constitue un enjeu majeur pour la population congolaise et pour le développement économique du pays.

Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est personnellement impliqué dans plusieurs initiatives liées au secteur énergétique. En mars 2026, le Chef de l’État s’est notamment rendu à Kikwit pour le déploiement du réseau de distribution électrique à partir de la centrale de Kakobola.

La Présidence de la République a présenté cette initiative comme une étape destinée à améliorer l’accès à l’électricité dans plusieurs territoires du Kwilu, du Kwango et du Maï-Ndombe.

Dans ce contexte, les difficultés persistantes de la SNEL à assurer une desserte régulière constituent un enjeu particulièrement sensible pour les autorités.

Félix Tshisekedi appelé par certains agents à écarter Teddy Lwamba

Face aux difficultés de desserte et aux critiques formulées contre la gestion actuelle de la SNEL, certains agents en appellent désormais directement au Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Ces agents demandent au Président de la République d’examiner la situation de la société et, selon leur revendication, d’écarter Teddy Lwamba de ses fonctions de directeur général.

Ils estiment qu’un changement à la tête de la SNEL pourrait permettre de donner une nouvelle orientation à l’entreprise et de répondre aux difficultés qu’ils dénoncent.

Cette demande s’accompagne d’une autre revendication : le retour de Fabrice Lusinde, ancien directeur général de la SNEL, dont certains agents présentent la période de gestion comme un point de comparaison avec la situation actuelle.

Il convient toutefois de préciser que cette demande constitue une revendication exprimée par certains agents et ne préjuge ni de la position du Chef de l’État ni d’une éventuelle décision des autorités compétentes.

Des coupures qui alimentent la contestation

À Kinshasa, les perturbations de la fourniture d’électricité sont au cœur du mécontentement.

La SNEL a expliqué certaines difficultés récentes par la baisse du niveau des eaux de l’Inkisi, qui affecte la production hydroélectrique disponible pour alimenter la capitale.

Le Département de Distribution de Kinshasa a notamment expliqué que cette situation entraîne des rotations de délestage dans plusieurs secteurs, avec des interruptions pouvant durer plusieurs heures.

Pour les agents critiques, ces explications techniques ne suffisent cependant pas à expliquer l’ensemble des difficultés rencontrées par la population.

Ils demandent également des réponses sur l’état des infrastructures, les investissements, la maintenance du réseau, la gestion financière et les moyens mobilisés pour améliorer durablement la desserte.

Fabrice Lusinde revient au centre du débat

Dans ce contexte de mécontentement, le nom de Fabrice Lusinde revient dans les discussions.

Certains agents réclament son retour et estiment que son expérience à la tête de la SNEL mérite d’être prise en considération.

Cette revendication n’est pas une décision officielle. Elle traduit la position d’une partie des agents qui souhaitent une autre orientation à la tête de l’entreprise.

La question de la trésorerie

La situation financière de la SNEL constitue également l’un des principaux sujets de discussion.

Des données publiées en 2024 sur la situation financière de l’entreprise faisaient état d’une trésorerie positive de plus de 8,6 millions de dollars à la fin du quatrième trimestre 2023, alors qu’un découvert de 28,7 millions de dollars avait été enregistré à la même période en 2022.

Ces chiffres sont aujourd’hui évoqués par certains agents pour établir une comparaison entre différentes périodes de gestion.

Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de déterminer la situation actuelle des comptes bancaires de la SNEL. Une appréciation complète nécessiterait des données financières récentes, officielles et vérifiables.

Des engagements financiers importants

La question des engagements financiers demeure également au cœur des interrogations.

En septembre 2026, Teddy Lwamba a évoqué le travail de restructuration des obligations de la SNEL envers le secteur minier, pour un montant présenté autour de 1,2 milliard de dollars.

La direction générale présente cette restructuration comme un mécanisme permettant de réorganiser les engagements de l’entreprise et de dégager des marges pour financer les investissements nécessaires dans le secteur électrique.

Ces éléments ne permettent toutefois pas d’affirmer que la SNEL serait « sans argent » dans ses comptes ou qu’elle serait endettée auprès de l’ensemble des banques. De telles affirmations nécessitent des documents financiers permettant de les vérifier.

Des fournisseurs et des paiements au cœur des interrogations

Certains agents évoquent également des difficultés présumées concernant les paiements aux fournisseurs et autres partenaires de la SNEL.

Des allégations circulent notamment concernant des problèmes de trésorerie et des paiements qui ne seraient pas honorés. Ces accusations doivent être documentées par des pièces comptables, bancaires ou contractuelles avant toute conclusion.

La publication des données relatives à la trésorerie, aux dettes fournisseurs, aux créances et aux engagements bancaires permettrait de clarifier la situation.

La direction met en avant les investissements

De son côté, la direction générale de la SNEL met en avant plusieurs actions destinées à renforcer les infrastructures électriques.

Des travaux et investissements sont annoncés ou réalisés dans différentes provinces, notamment dans les domaines de la production, du transport et de la distribution.

À Kinshasa, plusieurs infrastructures font également l’objet de travaux destinés à renforcer la capacité du réseau et à améliorer la qualité de la desserte.

La direction générale soutient ainsi que le redressement de la SNEL passe par la modernisation des infrastructures, le renforcement du réseau et la mobilisation de nouvelles ressources.

Une attente forte de la population

Au-delà du débat interne à la SNEL, c’est la population qui demeure directement concernée par la qualité du service.

Les coupures d’électricité affectent les ménages, les petites entreprises, les industries, les hôpitaux, les établissements scolaires et plusieurs autres secteurs de l’économie.

Dans ce contexte, les critiques formulées par certains agents prennent une dimension plus large : ils demandent que la gouvernance de la SNEL soit évaluée à l’aune des résultats obtenus sur le terrain.

Le Chef de l’État face à une demande de clarification

En appelant Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo à intervenir, certains agents souhaitent que le Chef de l’État obtienne des explications sur la situation globale de la SNEL.

Ils demandent notamment que soient examinés les résultats de la direction générale, la situation financière, les investissements réalisés, les engagements de l’entreprise, les relations avec les fournisseurs et la qualité du service fourni à la population.

La demande d’écarter Teddy Lwamba demeure, à ce stade, une revendication de certains agents. Toute décision concernant la direction de la SNEL relève des autorités compétentes.

Le débat reste ouvert

La controverse autour de la SNEL dépasse ainsi la seule question des coupures d’électricité. Elle porte également sur la gouvernance, les finances, les investissements, les infrastructures et la capacité de l’entreprise publique à répondre à une demande énergétique en croissance.

Alors que certains agents dénoncent ce qu’ils qualifient d’« incompétence » de la gestion actuelle, réclament le retour de Fabrice Lusinde et appellent le Chef de l’État à écarter Teddy Lwamba, la direction de la SNEL met en avant les contraintes techniques et les investissements engagés.

Dans ce contexte, la publication de données financières et opérationnelles précises, ainsi que les explications de toutes les parties concernées, permettraient d’éclairer davantage le débat sur l’avenir de la société nationale d’électricité.

José Mukoko (CP)

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