Luanda, Lomé, Bujumbura, Brazzaville… et même Doha, Genève ou Washington. Depuis des mois, Kinshasa multiplie les initiatives diplomatiques pour tenter de sortir de l’enlisement sécuritaire et politique qui fragilise l’Est du pays. Pourtant, chaque médiation, aussi prometteuse soit-elle en apparence, semble buter sur la même réalité : les positions restent figées, les opposants durcissent le ton et le dialogue piétine. La dernière tentative en date, conduite par le président burundais Evariste Ndayishimiye, s’est heurtée à l’intransigeance de la coalition C64, qui exige un renoncement public au changement constitutionnel avant toute discussion. Résultat : retour à la case départ. Désormais, tous les regards se tournent vers Brazzaville, où le cardinal Ambongo, mandaté par la CENCO, a rencontré Denis Sassou N’Guesso, dans l’espoir d’une médiation qui pourrait enfin briser l’impasse. Mais au-delà des initiatives répétées, une question demeure : à quand une issue véritable pour sortir du bourbier de l’Est ?
Kinshasa multiplie les initiatives pour sortir enfin du bourbier de l’Est. À ce jour, plusieurs pistes ont été explorées, aussi bien en Afrique (Luanda, Lomé, Bujumbura et Brazzaville) qu’en dehors du continent (Doha, Genève et Washington). Pourtant, malgré ce ballet diplomatique incessant, le bout du tunnel reste encore incertain. Le pouvoir congolais donne l’impression de tourner en rond, cherchant désespérément la clé d’une énigme où les crises sécuritaire et politique s’alimentent l’une l’autre.
L’éphémère lueur de Bujumbura
La plus récente médiation en date semblait pourtant ouvrir une brèche. Initiée par le président burundais Évariste Ndayishimiye, elle avait pour but de débloquer l’impasse interne. En recevant les opposants et certains leaders clés, Ndayishimiye pensait avoir déblayé le terrain en vue d’une décrispation nationale, essentielle pour faire front commun face à l’instabilité de l’Est.
Mais l’espoir aura été de courte durée. À peine rentrée de Bujumbura, la principale coalition de l’opposition, le C64 (Coalition Article 64), a douché les enthousiasmes lors d’un point de presse tendu à Kinshasa.
L’intransigeance du C64 : La coalition exige désormais une renonciation publique et préalable de Félix Tshisekedi à tout projet de changement constitutionnel avant d’entamer le moindre dialogue. Pour enfoncer le clou, elle maintient son appel à marcher dans les rues le 22 juillet prochain.
Le grand surplace de la diplomatie africaine
Ce énième blocage sonne comme un éternel retour à la case départ. Il illustre l’échec cumulé des différentes capitales qui ont tenté, tour à tour, de démêler le nœud congolais :
Luanda & Lomé : axés principalement sur le volet sécuritaire et le conflit régional, ces canaux s’essoufflent face au manque de concessions concrètes sur le terrain.
Bujumbura : la piste burundaise vient de se heurter de plein fouet au mur des suspicions politiques internes à Kinshasa.
Les pistes internationales (Doha, Genève, Washington) : utiles pour maintenir la crise à l’agenda mondial, elles restent trop éloignées des réalités et des dynamiques locales pour imposer une paix durable.
Les regards se tournent vers Brazzaville
Face à cette impasse totale, l’axe Kinshasa-Brazzaville s’active à nouveau. Les regards semblent finalement se tourner vers la République du Congo voisine, perçue comme un recours de proximité.
C’est dans ce cadre qu’une importante délégation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), menée par le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a traversé le fleuve pour être reçue en audience par le président Denis Sassou N’Guesso à sa résidence de Brazzaville.
KM

